DAL, syndicat de lutte des mal logés, des sans logis, des locataires

 

C’est tout naturellement que le DAL a décidé de participer activement à l’espace commun « nos droits contre leurs privilèges » mis en place en début d’année afin de faire entendre la voix des mouvements sociaux, des « sans » et des opprimés durant cette campagne électorale cruciale pour nos droits, ceux d’aujourd’hui et de demain, menacés comme jamais, alors que les idéologies les plus rétrogrades et dangereuses se fraient un sinistre chemin.

Il faudra aussi nous présenter unis, déterminés et forts, face à cet avenir incertain qui s’annonce.

Droit au logement historiquement a toujours recherché les convergences avec les mouvements sociaux, indépendamment des organisations politiques, car le DAL ne cherche pas accéder au pouvoir.

 

Le DAL, syndicat de lutte du logement, défend et organise les mal logés, les sans logis et les locataires pour faire respecter et appliquer leur droit à un logement décent, stable et accessible financièrement.

 

Depuis sa création en 1990, le DAL a permis le relogement de dizaines de milliers de familles et personnes en difficulté de logement, grâce aux actions collectives menées avec les adhérents des comités : manifestations sur la voie publique, envahissements  surprises et ponctuels de locaux publics ou privés d’acteurs du logement, campements sur les places et les trottoirs, réquisition d’immeubles et logements vacants appartenant à de grands propriétaires, piquets et solidarité contre les expulsions …

 

La fédération Droit Au logement rassemble une trentaine de comités et associations, organise la formation des militants, sur les questions juridiques, les politiques du logement, les luttes du logement, et le mouvement social en général.

 

La décennie 80 a été marquée par un très fort recul des droits des locataires, et a ouvert la voie à la spéculation immobilière, à l’épuration sociale des centres villes et des banlieues proches, à la flambée des loyers et des prix de l’immobilier et du foncier, au désengagement de l’Etat dans le logement social, à un lent processus de marchandisation du patrimoine commun dit public (Etat, communes, entreprises publiques), puis à partir des années 2000 à la mise en route de la marchandisation du logement social, complétée et le lancement d’une politique d’urbanisme agressive dans de très nombreux quartiers populaires HLM.

 

Dans ce contexte agressif des milieux de l’immobilier, bancaires et politiques,  les luttes des mal logés se sont mises en place progressivement et ont permis des conquêtes législatives et politiques pour les droits  des mal logés et des sans logis, et un début de reconquête pour ceux des locataires.

On peut citer par exemple l’interdiction des expulsions par les huissiers en 1998, le droit au relogement pour les habitants de taudis et le droit à un logement décent en 2000, la loi DALO en 2007, le droit à un hébergement jusqu’au relogement pour les sans logis en 2009, le retour à un début d’encadrement des loyers, la pénalisation des auteurs d’expulsions illicites en 2014, l’obligation de prendre en compte les APL dans le processus de l’attribution d’un HLM, l’augmentation de taux de HLM réservés aux prioritaires DALO, la reconnaissance du DAL comme association nationale  de défense des locataires en 2017, … Avec un certain recul, et sachant qu’il reste très peu de pays qui financent encore la réalisation de logements sociaux, les lutte incessantes du logement ces 30 dernières années ont contraint les gouvernements successifs à poursuivre et souvent renforcer la politique de construction des HLM.

 

Mais il est nécessaire de combattre encore et toujours pour faire appliquer et respecter ces nouveaux droits comme les anciens encore en vigueur, ce qui explique la persistance et l’âpreté des luttes dans ce domaine.

Depuis 3 ans, Droit Au Logement a créé DAL HLM, afin d’appuyer et organiser les locataires HLM pour défendre leurs droits face aux bailleurs sociaux, mais aussi face à la spéculation qui s’est attaquée, avec la complicité des maires, à la destruction des quartiers d’habitat populaire, à disperser les locataires détruisant ainsi les solidarités existantes, pour encourager les profits et pour éloigner  les populations modestes.

 

Il faut relever que les combats engagés sur le terrain, avec les mal logés ou les locataires HLM se soldent le plus souvent par des victoires, car les acteurs concernés sont déterminés et unis. Les plus grands ennemis des classes populaires sont la division et le découragement. Les petites victoires peuvent encourager les grandes mobilisations et les grandes victoires …

Ainsi, ces dernières semaines, l’occupation d’un pavillon du prestigieux Hôtel-Dieu à Paris par des sans logis du DAL, soutenus par des militants de nombreuses organisations, et syndicats, s’est concrétisée par l’engagement des institutions à maintenir les 40 familles et célibataires sans logis dans l’hôpital, jusqu’à leur relogement, et à reloger en HLM 60 autres familles prioritaires DALO en difficulté.

 

Quelques jours plus tard, à Toulouse, 70 personnes dont 35 enfants, sans logis aussi, ont investi avec le DAL Toulouse un pavillon désaffecté de l’hôpital La Garde. Fin janvier, le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande d’expulsion déposée par la direction de l’hôpital (dont fait partie la mairie de Toulouse), du fait que celle-ci ne démontre pas qu’il y a urgence à expulser les occupants. C’est là une victoire juridique, comme souvent dans les luttes du logement, qui vient renforcer le combat et favoriser les réussites.

 

Dans ses actions, le DAL a toujours privilégié les alliances avec le mouvement social, qui défend les droits sociaux et économiques, la protection sociale, la lutte contre les inégalités et pour la justice fiscale.

Le DAL a participé à de nombreuses actions contre la répression, l’impunité policière, le racisme, contre l’instauration d’un état d’urgence permanent qui a pour conséquences de faire taire le mouvement social, de s’attaquer aux habitants des quartiers populaires, musulmans ou supposés l’être ou de réprimer les réfugiés au lieu des les héberger décemment comme le prévoit la loi …

Le DAL anime ou participe à des réseaux internationaux de luttes des sans (No-vox), ou de lutte des habitants (Coalition européenne d’action pour le droit au logement et à la ville), qui regroupe des mouvement de lutte de terrain de plusieurs dizaines de pays, en Europe et dans le monde, et dont l’un des premiers objectifs consiste à

 

Droit Au Logement dénonce depuis sa création l’aggravation criante des inégalités sociales, se mobilise contre la mondialisation néo capitaliste génératrice de la paupérisation mondiale, et sera mobilisé avec « nos droit contre leurs privilèges » dans les semaines et les mois à venir, pour aider à une implantation nationale du réseau, participer à des initiatives d’interpellations percutantes tout le printemps, manifester massivement le WE du 1er avril et après.

 

Le 1er avril marque aussi le début des expulsions locatives, sachant qu’il n’y en a jamais eu autant dans notre pays, à cause de la hausse des loyers, de la baisse des revenus des classes populaires et de l’érosion des allocations logement.

C’est pourquoi nous serons aussi dans la rue à partir du 30 mars, et le 1er avril pour faire entendre notre colère contre le logement cher, contre face aux expulsions sans relogement, devant les profits indécents des milieux de l’immobilier, l’augmentation du nombre de sans logis,  mais aussi du nombre de logements vides, le développement sans limites de la spéculation immobilière dans les quartiers populaires …

 

Arrêt des expulsions !

Baisse immédiate des loyers !

Application de la loi de réquisition sur les logements vacants de grands propriétaires

Respect de la loi DALO et  du droit à l’hébergement jusqu’au relogement

Réalisation massive de vrais logements sociaux

Arrêt des politiques d’urbanisme agressives visant les quartiers populaires

 

www.droitaulogement.org

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