Se battre pour nos droits contre leurs privilèges, c’est aussi se battre pour de nouveaux droits ! L’Union syndicale Solidaires entend bien dans cette campagne défendre plusieurs revendications qui dessinent une autre société possible qui ne soit plus fondée sur les profits des patrons et des actionnaires et qui cesse de reproduire des systèmes de dominations.

Nous parlerons ici de réduction du temps de travail avant d’aborder au fil de la campagne d’autres revendications.

 

On peut réduire le temps de travail

Depuis que les luttes sociales existent elles n’ont eu de cesse de se battre pour que les corps et les esprits de celles et ceux qui produisent les richesses échappent au régime de sujétion que leur fait subir l’ordre capitaliste.

Des réductions du temps passé au travail ont été successivement arrachées (8h par jour, 40h puis 39h puis 35h par semaine), les congés payés gagnés grâce aux occupations d’usine de 1936, sans parler d’un droit à la retraite… malheureusement de plus en plus férocement rogné.

Rien de tout cela ne s’est fait sans combat, et à chaque fois le patronat pleurait des larmes de crocodiles en expliquant que cela aurait des conséquences négatives sur les richesses produites.

 

De l’argent il y en a

Faux ! Les gains de productivité au travail n’ont cessé d’augmenter. Aujourd’hui les entreprises du CAC 40 redistribuent à leurs actionnaires l’équivalent du budget de l’Éducation nationale (plus de 50 milliards d’euros) et les 8 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la planète !

De l’argent il y en a… et pourtant les pressions au travail ne cessent de s’accentuer, les conditions de travail de se dégrader tandis que le chômage et la précarité continuent de frapper des millions de travailleuses et de travailleurs.

Pour abolir réellement le chômage il n’y a pas de meilleure solution que de réduire massivement le temps de travail : 32H aujourd’hui c’est possible et c’est nécessaire et cela pourrait créer plus de 4 millions d’emplois.

Pour autant l’arnaque est toujours possible (on connaît l’appétit carnassier de nos exploiteurs). Ainsi les 35h-Aubry s’était-elle traduite par de la flexibilité imposée, une explosion des heures supplémentaires, etc.

C’est pour ça qu’il faut des garanties !

Pour l’Union syndicale Solidaires, une vraie réduction du temps de travail doit se faire sous le contrôle des salarié.e.s et/ou par leurs représentantes et représentants syndicaux, afin de vérifier la réalité des créations d’emplois, des besoins effectifs, de la pénibilité, et de la résorption des emplois précaires. Il faut évidemment qu’il y ait maintien du salaire mensuel mais aussi création d’emplois à proportion de la baisse du temps de travail.

Une véritable démarche de transformation sociale doit être fondée sur l’affirmation du droit à l’emploi, à une réduction massive du temps de travail et une extension du champ de la gratuité pour la satisfaction des besoins sociaux. C’est aussi l’occasion de remettre en cause les organisations du travail qui génèrent souffrance, maladies, accidents de travail.

Par ailleurs, si une réduction du temps de travail collective constitue une condition pour la remise en cause des rôles sociaux et du partage des tâches sexuées, elle n’en constitue pas une garantie. L’augmentation du temps libéré montre encore aujourd’hui une utilisation sexuée de celui-ci notamment par la prise en charge par les femmes des tâches domestiques et/ou parentales. Une réduction du temps de travail égalitaire doit comporter l’interdiction du temps partiel imposé, et aussi le développement de services publics.

Mais cela ne dépendra que d’une chose : notre mobilisation, par les grèves et dans la rue !

The following two tabs change content below.
Solidaires
Union Syndicale Solidaires
Share This